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The
Clarinet Trio
- Ballads
And Related Objects - 1 CD Leo Records |
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Duo
505 - Late - 1 CD Morr music |
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Fred
Frith
- Cheap
at half the price - 1 CD ReR/Fro |
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Sten
Sandell/David Stackenas - Parker /Guy /Lytton - GUBBÔRA
- 1 CD Emanem |
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Tilia
- Vous
rêvez/Vous ne rêvez pas - 1 CD Cronica |
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University of errors - Jet
propelled photographs - 1 CD
Cuneiform |
Chroniques 2004
Chroniques (archives 1997-2003)
Olivier
Benoit/Jean-Luc Guionnet - &UN
- 1 CD Vand'ouvre
Jean-Luc
Cappozzo/Claude Tchamitchian - Le
soufflé aux éclisses - 1
CD La nuit transfigurée
The
Clarinet Trio - Ballads And Related
Objects - 1 CD Leo Records
Crlustraude
- s/t - 1
CD Yolk
Duo
505 - Late
- 1 CD Morr music
Dominic
Duval/Joe McPhee - Rules of Engagement
- Vol. 2 - 1 CD Drimala Records
Fred
Frith - Cheap at half the price
- 1 CD ReR/Fro
Christoph
Gallio - Mösiöblö
"à Robert Filliou" - 1
CD PERCASO
Groupe
Emil - A fond dedans - 1
CD emil 13
Phillip
Johnston - Rub me the Wrong Way
- 1 CD Innova
Kainkwatett
- s/t - Rant
- Seumsund/Sundseum - 2
CDs Schraum
The
Jeff Kaiser Ockodektet - The Alchemical
Mass - The Kaiser/Diaz-Infante
Sextet - Suite Solutio - 1
CD pfMENTUM
Klaxon
Gueule - Chicken
- 1 CD &records
Charlie
Mariano & Vitold Rek - Opus
absolutum - 1 CD Taso
Carol
Mennie - I'm not a Something Thing
- 1 CD CDM
No
Idea Festival - 1 CD Ten Pounds
to the sound/Coincident Records & Spring Garden Music
Octet
de Jean-Pierre Jullian - Opus
Incertum on C. - 1 CD Emouvance
Organon
- Klusterbuckstuckle - 1
CD SLAM
J.
Oswald/G. Katzer/S. Moore/L. Glandien/J. Krcek/R. Thythall - CMCD
- 1 CD ReR
Pandelis
Karayorgis - Seventeen Pieces
- 1 CD Leo Records
Sten
Sandell /David Stackenas - Parker /Guy /Lytton - GUBBÔRA -
1 CD Emanem
Andy
Scherrer - Serenity A tribute
to Joe Henderson - 1 CD Unit
Records
Harri
Sjöström/Phil Washmann/Paul Rutherford/Teppo Hauta-aho/Paul Lovens
: Quintet modern - Wellsprings
- 1 CD Cadence jazz Records
Martin
Tétreault et Otomo Yoshihide - GRR
- 1 CD Ambiances Magnétiques
Tilia
- Vous rêvez/Vous ne rêvez
pas - 1 CD Cronica
University of errors
- Jet
propelled photographs - 1
CD Cuneiform
Various
Artists - Delivery Room - 1
CD LEAF
Various
Artists - Nova fait son cinéma
- 1 CD Mk2 Music
Vinz
Vonlanthen - [Oil] - 1
CD Leo Records
Robert Wyatt
- Solar flares burn for you - 1
CD Cuneiform
Olivier
Benoit/Jean-Luc
Guionnet
&UN
1
CD Vand'ouvre
Le
guitariste Olivier Benoit et le saxophoniste Jean-Luc Guionnet nous proposent
une série de pièces improvisées. Sept moments qui se déclinent,
en fonction des échanges entre les deux musiciens, entre temps suspendu,
tensions dans le jeu, silence en point d'orgue.
Le guitariste, qui parvient
toujours à se glisser dans les projets les plus différents, et
son complice de l'instant s'engagent dans un dialogue où l'écoute,
l'attention au dit et au non-dit trouvent leurs lettres de noblesse. Affranchie
des poncifs ennuyeux et par trop répétitifs, libérée
des attendus ou des discours formatés, la musique s'écoule, sans
discontinuer, dans un affleurement et une subtilité qui captivent l'auditeur
et l'appellent à découvrir de nouvelles façons de dire,
de ressentir, d'éprouver, d'écouter et surtout d'entendre. (sam)
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Jean-Luc
Cappozzo/Claude
Tchamitchian
Le
soufflé aux éclisses
1 CD La nuit transfigurée
Marmitons
et Marmitonnes, goûteurs de saveurs anciennes ou originales, adeptes de
cuisine du terroir, férus de cuisine nouvelle, c'est à une autre
façon d'appréhender la philosophie de la gastronomie que vous
invitent les deux comparses Jean-Luc Cappozzo et Claude Tchatmichian.
Fi
des réactionnaires excluant les créations nouvelles car trop éloignées
des productions régionales, fi des personnages voulant, coûte que
coûte, opposer deux cuisines (ne sont-elles pas infiniment plus variées
?) ou deux approches (mais peuvent-elles être plurielles dans leur essence
et dans leur finalité ?). L'une et l'autre se complètent. L'héritage
des anciens se transcende et évolue vers des terres nouvelles sans rien
perdre de son propos initial : ravir les papilles, éveiller les sens,
susciter le plaisir.
Le soufflé aux éclisses nous concocte
une recette où la modernité, l'inventivité et les recherches
perpétuelles trouvent leur place. L'heure est au regard vers l'avenir
; les idées rigides et tournées uniquement vers le passé
s'estompent pour guider tout un chacun vers une philosophie exclusivement hédoniste.
(sam)
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The
Clarinet
Trio
Ballads
And Related Objects
1 CD Leo Records
Gebhard
Ullmann nous présente le troisième album de l'une de ses formations
phare : The Clarinet Trio. Cet enregistrement, à la qualité acoustique
exceptionnelle, voit l'apparition de Michael Thieke aux clarinettes qui a rejoint
le trio depuis 2002.
Ce qui frappera certainement les fidèles auditeurs
du Clarinet Trio, ce sont l'attention, l'exigence et la maîtrise compositionnelle
qui transparaissent tout au long de cet album. Les titres évocateurs
nous plongent directement dans un univers baigné par l'interaction et
la communication entre les trois musiciens. Plusieurs niveaux s'identifient,
se croisent et se découvrent sans s'épuiser. C'est à une
aventure ouverte à tous les possibles et à toutes les explorations
que nous convie le trio.
Trilogues amusés, silences attendus, parcours
sinueux, écriture profonde, complexe et d'une rare richesse harmonique
: autant d'ingrédients pour construire un événement à
la hauteur des envies musicales grandissantes et en évolution constante
du saxophoniste allemand Gebhard Ullmann. (sam)
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chroniques 2005]
Crlustraude
s/t
1
CD Yolk
Voilà
l'une des bonnes surprises françaises de ce début d'année.
Crlustraude, trio de trois trentenaires rodés aux diverses influences
: rock, jazz et musiques alternatives, offre, avec ce premier album, une véritable
vague de fraîcheur. Pascal Maupeu, guitare et banjo, Stéphane Decolly,
basse électrique et Nicolas Larmignat à la batterie ont en commun
cette envie de sortir des registres classiques, de puiser çà et
là pour former ce qu'ils appellent eux-mêmes un véritable
magma musical. Liberté de créer, de proposer aussi une musique
qui s'inscrit dans son époque sans négliger pour autant les bases
du passé. Crlustraude érige une musique alternative faite de chemins
de traverses où le risque, présent, devient le moteur véritable
de la création et où la tension du moment s'impose comme une énergie
stimulante pour les trois auteurs. L'influence de Robert Wyatt n'est pas cachée,
voir notamment la dernière plage Alifie Alifib, elle fait partie de ces
sources nourricières permanentes, celles qui font croire aux possibles,
celles qui donnent aussi l'envie d'aller voir ailleurs. Chaque pièce
est bâtie comme une histoire, avec ses diverses péripéties,
et offre une fresque sur la vie. A découvrir sans risque. (SéM)
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Duo
505
Late
1 CD Morr music
La
genèse du Duo 505 est simple : brancher deux MC505, et voir ce qui se
passe. Les MC5, grooveboxes du fabriquant de synthétiseurs Roland intégrant
banque de sons et séquenceur, se suffisent à elles-mêmes
dans le cadre de la production de musiques électroniques. Aux manettes,
on retrouve Bernard Fleischmann et Herbert Weixelbaum, deux jeunes viennois
qui s'illustrent sur la scène allemande pop expérimentale actuelle.
Là où certains verront une limite de moyens instrumentaux, d'autres
apprécieront justement une certaine unité sonore, une exploration
poussée des ressources de la machine et le recentrage vers l'écriture
- d'ailleurs, n'y a-t-il pas un adage anglo-saxon qui dit "les sis more"
?
Parfois proche de l'univers des jeux vidéo, les rythmiques technoïdes
et les mélodies candides de Duo 505 savent aussi évoluer vers
des registres plus étoffées, en se basant sur des thèmes
récurrents, et ce notamment grâce au talent d'arrangeur de Bernard
Fleischmann.
L'auditeur se laissera bercer tout au long de ce disque balisé
par des repères rassurants. Jusqu'à ce qu'un grain de sable vienne
faire grincer cette mécanique qui serait autrement trop bien huilée.
Au
final, Late est une bonne introduction au monde protéiforme de la musique
électronique actuelle, sa musique est sans prétention, empreinte
d'une certaine nostalgie et surtout très attachante (ALB).
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chroniques 2005]
Dominic
Duval/Joe
McPhee
Rules
of Engagement - Vol. 2
1 CD Drimala Records
Le
titre de l'album définit le projet poursuivi par le contrebassiste Dominic
Duval et le saxophoniste Joe McPhee : proposer une musique reposant sur des
principes intangibles, incontournables et fondateurs. "Ne pense pas, agis",
clament les musiciens. Nul besoin de s'embarrasser de futilités ou de
prêter attention à tout ce qui nous détourne de nos envies,
de nos convictions et avant tout des autres.
La musique se construit à
partir de nos expériences intimes, elle se nourrit des êtres aimés,
de nos amis et de toutes les personnes qui nous sont essentielles. Tous participent
à l'élaboration de ce projet commun dont les deux protagonistes
nous en dévoilent ici un peu la quintessence. Pétrie des réussites
ou des échecs, des attentes ou des désirs comblés, alimentée
par l'amour des autres et pour les autres, la musique évolue, au gré
des échanges entre les deux hommes, vitale et d'une beauté universelle.
(sam)
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Fred
Frith
Cheap
at half the price
1 CD ReR/Fro
Le
chanteur interprète des textes ; le musicien joue des partitions ; le
compositeur écrit la musique et les chansons. La réalité
s'énonce ainsi dans un univers où tout doit être rangé
à sa place, selon un ordre bien défini et régenté
et où l'on ne saurait déroger à cette règle sous
peine de quitter une normalité qui, bien qu'elle nous inhibe, nous protège
et nous façonne.
"Déchiffrez plus vite cette partition,
battez la mesure.", nous intimait-on jadis. Aujourd'hui, métronomes
et autres instruments de torture prennent la poussière dans nos greniers.
Qu'advient-il lorsque l'envie prend un instrumentiste - en l'occurrence ici
un guitariste - de s'abstenir de respecter la répartition des rôles
tels qu'ils ont été impartis ? Cheap at half the price répond
à cette interrogation.
Guitare, violon, xylophone et autres instruments
se mêlent au chant de Fred Frith pour laisser transparaître des
chansons inattendues et peu conformes aux registres trop connus et entendus
par ailleurs. La voix de Fred Frith oscille entre performances à la qualité
inextinguible et perversions des conventions les mieux établies.
D'aucuns
trouveront certainement le propos hasardeux et resteront perplexes devant cette
tentative de déconstruction et d'invention de nouvelles facettes de jeu.
Pourtant, loin de ce simple chaos annoncé, c'est la liberté de
création de l'artiste qui est ici célébrée. Point
d'adage à revendiquer ou à pérenniser, la musique s'invente
de nouvelles maximes prônant des vertus d'émancipation et d'expérimentation.
Entre passion paroxysmique et propos engagés, l'album trouve sa voie,
évolue et parvient, somme toute, à réinventer un tout différent,
fort des préjugés, des carcans et des caricatures abolis, a minima
pour un temps, dans l'absolu pour un lointain avenir (sam).
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chroniques 2005]
Christoph
Gallio
Mösiöblö
"à Robert Filliou"
1 CD PERCASO
Cet
album nous guide sur les traces de Robert Filliou. La musique se veut hommage
à l'homme et à son ouvre tout en ménageant des espaces
de déconstruction et de recomposition. Un nouveau tout surgit ainsi d'éléments
puisés çà et là dans les textes de Robert Filliou.
La
musique suit pas à pas l'homme, conquiert sa philosophie généreuse
et ses principes intangibles invitant à recouvrer l'innocence des premiers
instants. Les artistes se retrouvent dès lors au cour de la création
laissant libre cours aux envies et sensibilités inhérentes à
chacun d'entre eux, celles qui les ont fondés avant toute corruption
ou transgression, celles qui dévoilent un langage simple et sans artifices.
C'est
la joie de vivre, la plénitude, la saveur des jours qui s'écoulent,
le regard pour les autres ou encore l'intérêt pour les passions
à partager ensemble qui a défini Robert Filliou.
Au travers
de ces quelques notes, Christoph Gallio s'empare de ce projet de vie pour l'illustrer
tout en lui laissant des interstices propres à découvrir d'autres
possibles. (sam)
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Groupe
Emil
A
fond dedans
1 CD emil 13
Créée
en 2001 au sein de l'association emil 13, cette grande formation, basée
en Lorraine, réunit des musiciens aux parcours variés mais qui
possèdent tous, en trame de fond, ce désir de proposer une musique
inventive, improvisée et dépassant les particularités pour
trouver un socle commun propice aux expérimentations les plus inattendues.
Les
musiciens se livrent à un jeu où les barrières sonores
n'ont plus lieu d'être ; seule l'envie de bousculer les évidences
et les habitudes par trop stériles ou soporifiques transparaît
tout au long de l'écoute de cet album.
Le groupe Emil s'est ouvert
depuis peu au trompettiste Jean-Luc Cappozzo de l'Arfi. Cette expérience
riche pousse encore plus la formation à aller vers des univers encore
inexplorés. Les compositions originales n'en finiront pas de séduire
les auditeurs. Toutefois, la surprise et l'intensité émotionnelle
n'en seront que plus grandes en les découvrant sur scène : le
lieu où leur expression se fait la plus authentique et goûteuse.
(sam)
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Phillip
Johnston
Rub
me the Wrong Way
1 CD Innova
Le
musicien new-yorkais Phillip Johnston affectionne le partage de sa musique avec
les autres formes d'expression artistique. Il a notamment, au cours des années
1990-2000, travaillé sur des films muets dont le Faust de Murnau pour
lequel il s'est investi entièrement. Il nous propose avec Rub me the
Wrong Way, un autre aspect de cette approche pluridisciplinaire. Phillip a rencontré
la chorégraphe Keely Garfield dans les années 90. Un premier travail
commun est né autour de la pièce The Adventures of Slap &
Tickle. D'autres projets suivront. Philipp nous propose, sur cet opus, des morceaux
présentés au public entre 1998 et 2000. Minor Repairs Necessary
est une descente dans l'univers festif des années 20, une musique légère
et stimulante jouée avec créativité. Rub me the Wrong Way,
préserve la côté enjoué de la première pièce
avec l'ajout de l'accordéon de Will Holshouser, une véritable
découverte.
Rares sont les musiciens qui arrivent, tel Philipp Jonhston,
à s'effacer pour mieux servir le projet global tout en proposant, par
touches successives, des ouvertures audacieuses. Chapeau ! (SéM)
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Kainkwatett
s/t
Rant
Seumsund/Sundseum
2
CDs Schraum
La
production discographique actuelle nous démontre tous les jours la nécessité
pour l'auditeur d'être attentif et curieux. Elle demande aussi, bien souvent,
de vivre sans a priori. Difficile de tout voir, de tout écouter, de prendre
des risques. Les musiciens créatifs qui ont de plus en plus de mal à
se faire produire, éditent eux-mêmes leur musique d'où des
dizaines, des centaines de références nouvelles tous les mois.
D'un côté on perçoit la fragilité du milieu alternatif,
de l'autre on mesure aussi sa richesse, son audace et sa diversité. Libre
d'éditer leur musique, les artistes ne se privent pas pour se livrer
entièrement, pour ouvrir encore plus grand les portes de leur univers.
Schraum
est un nouveau label berlinois de musique contemporaine improvisée et
écrite. A l'origine de ce projet, trois musiciens Merle Ehlers, Axel
Haller et Torsten Papenheim. Deux références ont été
éditées à ce jour. La première par la formation
Kainkwatett (Axel Haller, Torsten Papenheim et le saxophoniste suisse Antoine
Chessex) présente une session d'improvisation libre autour de sept pièces
; la seconde par le duo Rant (Merle Ehmers et Torsten Papenheim) mêle
improvisation et écriture avec pour repère avoué l'esprit
de la pop music. Deux albums essentiels que l'on se doit de découvrir.
(SéM)
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The
Jeff
Kaiser Ockodektet
The
Alchemical Mass
The
Kaiser/Diaz-Infante Sextet
Suite Solutio
1 CD pfMENTUM
La
curiosité intellectuelle du trompettiste américain Jeff Kaiser
se retrouve bien souvent illustrée dans sa musique. The Alchemical Mass
ne déroge pas à la règle. L'alchimie, science mystérieuse
s'il en est, controversée, mystique, possède assez d'arguments
stimulateurs pour que le musicien/compositeur s'en serve comme base dans son
nouvel album. Pour mener à bien ce projet Jeff s'entoure de musiciens
rodés : Vinny Golia, Eric Barber, Ernesto Diaz-Infante et bien d'autres
encore. Il arrive notamment à donner une profondeur, un large espace
d'expression grâce à la juxtaposition d'un percussionniste particulièrement
inventif (Bad Dutz) et d'un batteur rigoureux (Richie West). En enregistrant
dans une église cette suite avec un cour de 17 voix dirigé par
le Dr Wyant Morton, Jeff plonge l'auditeur dans un climat trouble où
la suggestion l'emporte bien souvent sur la démonstration. On s'approche
parfois de l'ambiance sombre du grand classique de John Carpenter Prince
des Ténèbres. La seconde suite, Suite Solutio, due au sextet
de Jeff Kaiser et du guitariste Ernesto Diaz-Infante est une variation à
partir de la formation large du trompettiste. On retrouve autour des deux créateurs
la rythmique Bad Dutz/Richie West à laquelle s'adjoint le bassiste Jim
Connolly, ainsi que le tromboniste Scot Ray. Cette pièce jouée
dans un esprit plus free peut aussi, grâce à sa structure, être
considérée comme une suite à The Alchemical Piece. L'une
des meilleures musiques californiennes du moment ! (SéM)
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Klaxon
Gueule
Chicken
1 CD &records
Sorti
sur &records, nouvelle étiquette du batteur-bricoleur Michel F. Côté,
Chicken est le quatrième album du trio Klaxon Gueule. Voué à
une musique résolument électrique, le groupe explore les viscères
de la fée électricité au corps de la musique rock. Les
instruments sont exploités avec ingéniosité, basse et guitare
deviennent des micros à cordes confrontés à des manipulations
diverses, faisant se côtoyer l'organique, le numérique et l'électrique.
Chicken se situe dans la poursuite du précédent album par ses
sonorités électroniques, mais présente des constructions
plus lisibles et de nouveaux éléments, dont le travail sur les
voix filtrées. On retrouve volontiers le son de la guitare qui s'était
quelque peu dissipé dans les volutes numériques de Grains. Travaillant
une sorte de rock microscopique, Côté prétend vouloir faire
avec ce groupe un projet de plus en plus pop. Étonnant pour une musique
si minimaliste et peu prétentieuse. Quoi qu'il en soit, le trio est en
période d'activités et c'est réjouissant ; autant pour
ce disque un peu statique aux sonorités très riches que pour une
performance de rock débridée, car ce groupe nous surprend à
chaque apparition. (EN)
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Charlie
Mariano & Vitold Rek
Opus
absolutum
1 CD Taso
La
rencontre entre le saxophoniste américain Charlie Mariano et le contrebassiste
polonais Vitold Rek remonte au début des années 2000. Les deux
musiciens sont alors réunis par le pianiste Karl Berger qui veut développer
un nouveau trio. L'entente entre les deux hommes s'avère tout de suite
fructueuse en terme de jeu. Le contrebassiste invite quelque temps plus tard
son aîné pour un projet remarqué (The Polish Folk Explosion)
mêlant musique folklorique du sud de la Pologne et approche contemporaine
par l'apport de quatre instrumentistes rodés dont Charlie Mariano (Albert
Mangelsdorff, John Tchicai et Gilbert Matthews).
Opus absolutum représente
la suite de la collaboration entre les deux hommes. La musique jouée,
empreinte de romantisme, est traitée de manière moderne avec un
espace libre laissé aux musiciens lors de solos qui permettent de donner
de l'expressivité à chaque pièce. Arietta misterioso, laisse
planer une atmosphère étrange et énigmatique, hey you laisse
la place à des solos collectifs libres. Cette musique qui puise son inspiration
aussi bien dans le folklore polonais que dans la composition contemporaine se
savoure sans modération (SéM).
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Carol
Mennie
I'm
not a Something Thing
1 CD CDM
Carol
Mennie publie avec I'm not a Something Thing, son premier album en leader. On
ressent dès le premier titre de l'album, Jazz, Jazz, Jazz, tout le travail
effectué par Carol sur les scènes off de Broadway et les cabarets
new-yorkais et notamment son sens du dialogue et la passion qu'elle renvoie
sur les textes, écrits pour partie par son partenaire Dom Minasi. Parmi
les musiciens, Michael Jefry Stevens au piano et claviers, Tomas Ulrich au violoncelle,
Ken Filiano à la basse et Jay Rosen à la batterie démontrent
ici qu'ils sont capables de jouer dans des structures moins libres pour offrir
toute l'intensité et la créativité à leur jeu. L'album
dégage des atmosphères très variées alternant ballades,
bossa nova, standards revisités avec, à chaque fois, une approche
très personnelle qui dénote une réelle envie de se démarquer
et d'offrir quelque chose de personnel. He was Too Good for me, interprété
en duo avec Dom Minasi à la guitare reste longtemps en tête, une
sensibilité se dégage de toutes les pièces, une sincérité
que l'on ne retrouve pas forcément ailleurs. On oublie même qu'il
s'agit d'un premier album et on attend déjà une suite à
cet opus. A suivre. (SéM)
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No
Idea Festival
1
CD Ten Pounds to the sound/Coincident Records & Spring Garden Music
La
musique improvisée aux Etats-Unis se développe aujourd'hui essentiellement
autour de trois pôles fédérateurs : Au nord dans la zone
des Grands lacs (Détroit, Chicago), à l'est à New York
et à l'ouest en Californie. Aussi sommes-nous particulièrement
curieux de découvrir ce double album enregistré pour le No Idea
Festival d'Austin et d'Houston. Le Texas, plus connu pour son traditionalisme
et ses idées conservatrices, renferme pourtant un riche vivier d'interprètes
aventureux.
Le principe de ce festival est simple : réunir pendant
quatre jours des musiciens improvisateurs qui vont, en après-midi et
soirées, jouer ensemble, se découvrir autour de formations allant
du duo au quintet. Cette deuxième édition réunit 23 artistes
venus des deux cités texanes auxquels se joignent des musiciens extérieurs
en provenance de Boston, San Diego, San Francisco, Philadelphie, Portland et
Berlin. L'idée de confronter plusieurs communautés artistiques,
plusieurs façons d'envisager et de concevoir la création et le
fait de ne pas vouloir imposer son point de vue mais partager son expérience
et son histoire, sont autant d'atouts et de leitmotivs pour cette musique éphémère
qui se nourrit de la passion de ses interprètes. La liberté totale
donnée aux musiciens - rappelons que le projet est soutenu notamment
par le saxophoniste Jack Wright et le percussionniste Chris Cogburn, deux des
figures indépendantes les plus actives de la scène américaine
- et l'effort conjoint de trois labels réunis pour assurer la diffusion
de cette musique font de ce projet, plus qu'une réussite, un modèle
d'inspiration. (SéM)
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Octet
de Jean-Pierre Jullian
Opus
Incertum on C.
1 CD Emouvance
Jean-Pierre
Jullian, au travers de ce nouvel album, nous livre un superbe travail de composition.
Ecrite en deux mouvements, cette pièce nous plonge dans l'univers particulier
et passionnant des courses camarguaises. "On C." fait référence
tout à la fois à Carmen et au raseteur Christian Chomel. Dès
lors le projet s'inscrit dans cette atmosphère spécifique à
chacun de ces événements.
Dans le premier mouvement, les musiciens
se li-vrent à un jeu empreint de poésie et de connotations épousant
les impressions qui précèdent les courses. Il souligne à
merveille la beauté des lieux et la tension qui anime, à ce moment
précis, les différents acteurs.
Le second mouvement laisse
place au spectacle et à son déroulement. Il relate la rencontre
entre le raseteur et l'animal : un moment étrange et des sensations difficiles
à exprimer ou à conter. Le phrasé se fait, dès cet
instant, plus exubérant et plus impliqué dans l'histoire vécue
entre les deux protagonistes. L'arène s'éveille et s'ouvre au
dialogue proposé sous ses yeux.
Cette pièce, d'une rare qualité
au niveau de l'écriture, réconciliera avec les musiques créatives
tous ceux qui s'en étaient un peu détournés par manque
de projets à embrasser. (OR)
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Organon
Klusterbuckstuckle
1
CD SLAM
Les
productions Slam nous proposent un nouvel opus de musique improvisée.
Le quintet Organon se décline autour de musiciens issus de la scène
londonienne qui possèdent tous un parcours riche en expériences
et rencontres propres à les ouvrir à un jeu exigeant et inventif.
Le saxophoniste Elton Dean, que l'on connaissait, par exemple, pour ses travaux
au sein de la formation Soft Machine, le trompettiste Jim Dvorak, le contrebassiste
John Edwards, le guitariste Tim Crowther et le batteur Jim Lebaigue nous livrent
quatre improvisations mêlant à la fois jazz, rock et différentes
influences pour un jeu qui conserve toutefois une grande cohérence et
cohésion.
La musique instantanée fourmille de sonorités
recherchées et soutenues. Le propos se fait complexe tout en restant
accessible à l'auditeur pourvu qu'il accepte de s'aventurer dans leur
jeu de piste dont la seule issue s'avère être le plaisir de partager
quelques moments, certes, éphémères mais prégnants.
(sam)
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J.
Oswald/G.
Katzer/S. Moore/L. Glandien/J. Krcek/R. Thythall
CMCD
1
CD ReR
Le
label ReR nous présente six travaux de musique concrète et électroacoustique
réalisés entre 1970 et 1990 par les musiciens les plus représentatifs
de cette mouvance.
La première pièce intitulée Parade
est un arrangement de l'ouvre d'Erik Satie écrite pour un ballet en 1917.
La reprise et la réorchestration opérées par John Oswald
en 1986, nous transportent dans un univers baigné par la féerie,
le discours hypnotisant ou encore la profondeur et la richesse compositionnelles.
Les collages sonores sont tout à la fois inconcevables et parties intégrantes
d'un projet à la magie obnubilante.
On soulignera également
l'intensité de la pièce Aide Mémoire, une composition
pour ne pas oublier, des juxtapositions sonores d'enregistrements réalisés
entre 1933 et 1945. Nul désir d'expliquer ce qui ne peut l'être
mais un besoin de la part du musicien Katzer de se souvenir ; une tentative
obsessionnelle d'extirper tout le tragique de cette période de l'histoire
allemande.
Enfin, Omaggio a Jerry Lee Lewis, composé en 1975 par Richard
Thythall, s'approprie la performance Whole Lotta Shakin' Goin' on pour
la revisiter et la mixer en réalisant une nouvelle pièce très
surprenante et enthousiasmante.
Cet album nous révèle, somme
toute, des moments devenus incontournables dans l'histoire de la musique concrète.
(sam)
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Pandelis
Karayorgis
Seventeen
Pieces
1 CD Leo Records
Pour
le pianiste grec Pandelis Karayorgis, cet album solo est le premier du genre.
Exigeant, il garde à l'esprit un grand sens harmonique hérité
de son travail sur les standards. Le musicien a joué par le passé
les thèmes présentés sur cet opus en groupe avec notamment
Randy Peterson, Mat Maneri, Joe Maneri, Ken Vandermark, Tony Malaby, Michael
Formanek. Le travail présenté sur Seventeen Pieces laisse la possibilité
au musicien grec d'explorer de nouvelles facettes, de repousser encore plus
les limites de sa propre création. L'expérience est donc enrichissante
à plus d'un titre. La ré-interprétation de Baby de Lennie
Tristano, jouée ici sur un tempo lent - qui contraste avec la version
originale - démontre tout le talent et l'audace de ce musicien qui n'hésite
pas à partager sa passion pour les standards tout en proposant une approche
moderne et personnelle. Thelonious Monk, Duke Ellington, Eric Dolphy sont déclinés
ici ; le pianiste offre aussi une palette de thèmes personnels qui révèlent
son sens de la composition. Une découverte (JP).
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Sten
Sandell
/David Stackenas
- Parker /Guy /Lytton
GUBBÔRA
1 CD Emanem
Enregistré
lors de Freedom in the city 2004, ce disque nous fait découvrir les pianistes
et guitaristes suédois Sten Sandell et David Stackenas. Maître
chacun d'une des deux pièces, ils s'invitent à une musique d'improvisation
très calme, faisant preuve de disponibilité et d'ingéniosité.
Jumelant un dispositif électronique à son piano, Sandell ouvre
d'un souffle fin sur lequel viendront se superposer les notes parsemées
du piano et de la guitare effleurée. Rarement improvisation est si posée,
et chaque attaque prend un large sens, s'inscrit dans une narrativité
sur le fil ténu du silence. Puis une explosion. La pièce menée
par Stackenas, plus saccadée mais avec autant de retenue, présente
le négatif de la langueur des résonances, remplacées par
une découpe frénétique du temps que le piano revient clore
en finesse.
Le disque se termine par une improvisation de plus de trente
minutes en quintet ; le célèbre trio Evan Parker, Barry Guy et
Paul Lytton, se joignant à eux. Évidemment plus mouvementée
que les pièces en duo, cette dernière improvisation fait montre
du talent des cinq musiciens. Remarquable par la progression des dynamiques.
(EN)
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chroniques 2005]
Andy
Scherrer
Serenity
A tribute to Joe Henderson
1 CD Unit Records
Le
label Suisse Unit Records offre régulièrement un large panorama
de la scène créative contemporaine. Le saxophoniste Andy Scherrer
fait partie de ces artistes qui vouent une dévotion sans limites pour
la musique exigeante et pour les grandes figures qui ont ouvré pour son
développement. Il n'est donc pas surprenant de le voir s'intéresser
à la musique de Joe Henderson. Le musicien américain, décédé
en 2001, a marqué de son empreinte le XXème siècle en signant
notamment sur Blue Note un premier album étincelant (Page One), prémisses
d'une riche carrière qui l'a conduit à côtoyer Richard Davis,
Horace Silver, Herbie Hancock, Elvin Jones et bien d'autres encore. Pour cet
hommage au saxophoniste américain, Andy a choisi de s'appuyer sur trois
périodes essentielles en commençant par les années Blue
Note (A Shade of Jade), la période Milestone (If you're not part of the
solution, you're part of the problem) et enfin les années Verve au cours
desquelles Joe publie l'un de ses meilleurs albums Lush Life, The Music of Billy
Strayhorn.
Serenity d'Andy Scherrer renferme beaucoup d'émotions,
de respect et d'espérance, des notions que l'on ne trouve pas forcément
ailleurs. En cela il est remarquable. (SéM)
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Harri
Sjöström/Phil
Washmann/Paul Rutherford/Teppo Hauta-aho/Paul Lovens : Quintet modern
Wellsprings
1 CD Cadence jazz Records
Le
groupe était parfait. Les musiciens de très haut calibre. Si le
trio des Rutherford, Washmann et Lovens est plus familier à l'amateur
de la scène anglaise d'improvisation, les deux autres figures ne sont
pas moins notoires. Élève de Steve Lacy, le saxophoniste Sjöströrm
a un parcours impressionnant axé sur l'improvisation ; il a notamment
côtoyé Derek Bailey et Cecil Taylor. Le bassiste Hauta-aho, quant
à lui, possède un bagage éclectique en musique contemporaine,
improvisée et en théâtre pour les enfants.
Sur
trois improvisations, le quintet propose des performances à couper le
souffle. La musique est d'une grande richesse dynamique et timbrale. Un
momentum se crée entre les cinq musiciens ; on s'échange le chant,
on se répond avec beaucoup d'aisance.
Une superbe incursion pour Cadence
dans les musiques free plus promptement associées à la scène
anglaise. (EN)
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Martin
Tétreault
et Otomo Yoshihide
GRR
1 CD Ambiances Magnétiques
Attention,
cours sensibles, on a ici affaire à un produit dangereux d'improvisation
électrisantes par deux agiles manipulateurs de tables-tournantes : le
japonais Otomo Yoshihide, fondateur de Ground Zero, et le québécois
Martin Tétreault.
Suite au succès de leur coffret
Studio/Analogique/Numérique, le duo de platiniste le plus déjanté
de la planète entame avec GRR le premier volet de la documentation d'une
tournée qui les a fait traverser plusieurs pays. Ce sont donc trois disques
"live" du duo qui sortiront cette année ; GGR en est le versant
agressif : noise, larsens, pas de silence ; un voyage dans les tripes de la
mécanique. C'est ce que l'on retrouve sur l'album ; beaucoup de bruit,
de sons continus et discordants. Utilisant principalement la mécanique
des tables et très peu de disques, les deux platinistes dressent une
musique faite de frottements, de moteurs et de feedbacks, qui s'approche parfois
du scratch par sa frénésie gestuelle, mais qui s'attarde surtout
à explorer avec bonheur les possibilités créatives d'appareil
reproducteurs. Cette recherche ne se faisant pas sans douleur, comptons-nous
chanceux que nos deux amis sachent varier les effets dans cette jungle de sons
électriques.
Les deux prochains disques, Tok et Ahh, documenteront
d'autres aspects de leur création commune. (EN)
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Tilia
Vous
rêvez/Vous ne rêvez pas
1 CD Cronica
Le
titre de l'album, Vous rêvez/Vous ne rêvez pas, prolonge admirablement
l'état d'esprit dans lequel l'auditeur se trouve plongé pendant
plus de trente minutes. Cette musique est à la fois captivante par sa
force de séduction et inquiétante par le fait qu'elle efface toute
certitude, tout point de repère vers lequel se rattacher. Alexander Peterhaensel,
artiste munichois, transmet sur les trois plages audio de cet opus, son univers
décalé. Les formidables loops qu'il offre au piano se conjuguent
avec la voix envoûtante de Jo Morgan et les lignes de basse de Christian
Schwenkmaier pour construire des climats propices à l'imagination. On
garde de ces plages le mystère d'un Luis Bunuel ou la quête d'absolu
d'un Théo Angelopoulos. En se dévoilant sans arrière pensée,
le musicien allemand prouve que la création contemporaine peut être
plurielle, qu'elle peut aussi respecter ses aînés sans tomber dans
un mainstream réducteur. Vous rêvez/Vous ne rêvez pas, certitudes
ou incertitudes ? A l'auditeur d'en juger ! (SéM)
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chroniques 2005]
University
of Errors
Jet
propelled photographs
1 CD
Cuneiform
Selon Gaston Bachelard (regretté
transfuge de ZZ Top), l'erreur est première et la vérité toujours une « erreur rectifiée ». Se pourrait-il
que l'erreur soit, quant à elle, une « vérité rectifiée » ?
Il fut un siècle - le dernier - dont
les années soixante se consacrèrent à poser à la planète ce genre de question
et à mettre, à l'occasion, le feu aux artifices.
La réponse des institutions, un
temps ébranlées, ne se fit pas attendre. Les marchands du temple du savoir
reprirent pied. Leurs universités massifièrent le projet de démêler le vrai du
vrai. Ils le figèrent sous forme de diplômes - délivrés à la chaîne - à
d'ébahis détenteurs - enchaînés à leurs livres - dont l'armée ainsi gonflée se
vit bientôt garantie, au choix, les promesses du chômage de masse ou celles du
travail posté sous le contrôle de petits chefs férus de productivité.
À la même époque, un énergumène australo-britannico-franco-américain,
crocheteur diversement patenté (et prétendument repenti) des portes de la
perception, et identifié par Interpol sous le nom de Daevid Allen, consacrait une
longue thèse d'État de tous les états au thème controversé : « Is Gong
still a Soft Machine ? ». Pour mieux sonder l'air du temps et en restituer
les échos sans limite de décibels, il avait dispersé ses laboratoires en divers
lieux - péniche, enclos de chèvres, friches urbaines, coffres de taxis - à même
d'assurer une rigueur méthodologique optimale à ses investigations. Ses travaux
de recherche donnèrent lieu, en France, à des publications intermédiaires et
résolument alimentaires (on se souvient notamment de « Je ne fume pas des
bananes » et de « Camembert électrique ») qui firent longtemps
frétiller les neurones et les oreilles de ceux qui en prirent alors
connaissance.
Reçu docteur honoris causa le 26 septembre
1998, à l'âge de 60 ans, le dénommé Daevid Allen fonda dans la nuit qui suivit,
à l'occasion d'une jam session tenue guitare battante à San Francisco, la très
attendue « Université des erreurs » dont il devint derechef le recteur.
À l'évidence, ce nouveau mandarin était presque aussi givré que les carreaux
auxquels s'apprêtait à cogner le nouveau millénaire annoncé ; mais
celui-ci se voyait ainsi doté d'une institution à même, pour relever les enjeux
de l'époque, de démêler enfin le faux du faux.
Six ans et quatre CD plus tard, l'Université
des erreurs affirme le dynamisme de ses recherches sur les sources des troubles
de toutes sortes qui ont affecté les consciences du millénaire sortant, et même
du précédent. « Les mêmes objets
paraissent brisés ou droits, selon qu'on les regarde dans l'eau ou hors de l'eau,
concaves ou convexes selon une autre illusion visuelle produite par les
couleurs, et il est évident que cela jette le trouble dans notre âme »,
notait déjà Platon dans République
(X, 602 c-d). Treize « démos » de 1967 de Soft Machine - dont Allen fut l'un des fondateurs - ont été retravaillées
en 2004 par une Université inspirée et survoltée qui en a fait la matière d'un CD
ébouriffant. Elles sont autant de « photographies à réaction » d'objets
que le temps n'a pas « brisés », mais qui n'en paraissent pas très « droits »
pour autant. À recommander d'urgence aux amateurs de troubles de l'âme, en
attendant le prochain millénaire. (Frédéric Jésu)
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chroniques 2005]
Various
Artists
Delivery Room
1
CD LEAF
A
l'occasion de son dixième anniversaire, le label LEAF nous propose un
patchwork regroupant ses dernières signatures ainsi que les dernières
créations de ses artistes phare. La vocation première de l'entité
LEAF (les musiques électroniques et leurs décalages) fait peu
à peu place à une recherche d'équilibre entre l'instrumentation
acoustique et le champ des possibles en matière d'électronique
et d'informatique musicale.
Delivery Room consacre ainsi une certaine intellectualisation
du label, avec çà et là des micros pièces acoustiques
qui lorgnent du côté de l'héritage des musiques traditionnelles.
On retrouve donc Manitoba, toujours aussi à l'aise dans le registre de
la pop music expérimentale et de l'autodérision, Asa-Chan &
Junray, maître percussionniste nippon et expert en tablas, qui, en dehors
de son travail académique produit une musique inclassable. Son Parlor,
pur coup de folie, doit autant à la corrida qu'aux rythmiques 8 bit Casio.
On
appréciera également le mexicain Murcof qui nous offre outre Memoria,
anecdotiquement remixé par Sutekh, le splendide et inédit Una,
qui taille des horizons sonores immenses avec un sens de l'attente et du tragique
typiquement latin. Murcof, c'est l'amalgame de cordes classiques découpées
et empilées sur des rythmiques déconstruites auxquelles s'ajoutent
différents bruits et claquements, le résultat est saisissant,
presque envoûtant (le prochain album - au format DVD se fait attendre.
et devrait être enregistré avec un véritable orchestre).
Du côté des nouveautés, le piano solo de Rob Ellis compose
des pièces minimalistes proches de l'univers d'Erik Satie alors que Bill
Wells, Stefan Schneider & Annie Whitehead, qui par ailleurs accompagnent
des artistes tels que Paul Weller ou Elvis Costello, se sont réunis autour
de thèmes d'improvisations délicats à base de cuivres.
On pourra aussi se laisser bercer par la répétitive Ritournelle
en trois temps de la française Colleen ou par les mélopées
beatlesiennes de Clue To Kalo.
L'éclectisme est donc de rigueur sur
cette compilation et l'on ne peut souhaiter que longue vie à LEAF dont
le mérite premier est de faire sortir de l'ombre des artistes aux talents
multiples. (A. LB)
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Various
Artists
Nova fait son cinéma
1
CD Mk2 Music
En
ces temps de conformisme audiovisuel, il est certains sanctuaires qui subsistent.
L'émission Nova fait son cinéma, en est un. Depuis maintenant
dix ans, nos dimanches matins sont bercés par ce programme unique, puisque
entièrement consacré aux musiques du 8ème art.
Si ce
disque anniversaire fait appel aux plus grands musiciens du cinéma, c'est
d'une manière tout à fait originale ; ici, point de James Bond
Theme ni d'Armonica, mais plutôt des morceaux choisis avec le sens du
détail et de l'érudition que l'on connaît à Nicolas
Saada. La sélection rassemble des titres de facture assez classique et
se concentre sur la riche période des années 60-70. Mentions spéciales
du jury à l'onirique et inquiétant O' Venezia, Venaga, Venusia,
de Nino Rota, qui ouvre le bal sur un air que l'on devine comme un coup de foudre,
au fulgurant Main Theme Assault, qui donne à John Carpenter, oui celui-là
(!), l'occasion d'inventer le son électro des années 80 et 90,
à la fraîcheur planante de Necromania, interprété
par les jazzmen allemands Manfred Hübler et Siegfried Schwab qui se cachent
derrière l'hypothétique The Vampire Sound Incorporation, à
l'incroyable montée d'adrénaline du grand Lalo Shifrin avec Shifting
Gears, extrait du film Bullit, et au méconnu Alex North, qui fera couler
bien des larmes avec son Spartacus Theme...
Nova fait son cinéma est
en soi la bande originale idéale, puisque les morceaux brossent un éventail
émotionnel hors du commun, alternant les cycles de joie et de tristesse,
de suspense et d'apaisement, comme dans un bon film. Les compositeurs s'évertuent
à approcher les styles classiques (Bernard Herman, le musicien attitré
d'Hitchcock), jazz (Ennio Morricone, là où ne l'attendait pas)
ou pop (Vladimir Cosma), avec cette liberté de création propre
au genre. (A. LB)
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Vinz
Vonlanthen
[Oil]
1
CD Leo Records
Cordes
grattées, caressées, tirées, triturées. Jeu de mains,
jeu d'archet, la guitare de Vinz Vonlanthen découvre et laisse entrevoir
le génie explorateur de son interprète. Préparée,
elle décline ses sons étranges et singuliers qui captivent l'auditeur.
Vinz
Vonlanthen ouvre son univers sonore à qui accepte de perdre ses repaires
rassurants, à qui accepte aussi ce long voyage initiatique. [Oil] donne
à entendre, plus que cela il stimule l'imagination, aiguise les sens.
Bricoleur dans l'âme Vinz ne perd pas pour autant le sens de la mélodie,
il construit ses phrases, parfois âpres ou sensuelles avec l'idée
de l'éphémère. Le solo dévoile ici sa vérité
et laisse le musicien dans l'obligation de se livrer. Vinz relève ce
défi. Son goût du risque et de l'intensité du moment, sa
recherche permanente de nouvelles formes d'expression font du guitariste un
artiste au sens noble du terme, qui sait s'effacer pour mieux servir la musique.
(JP)
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Robert Wyatt
Solar flares burn for you
1
CD Cuneiform
Une voix d'archet se glisse sous le
bois du piano. Elle monte l'escalier des touches et vient toucher la corde sous
le cour de l'architecte. De si haut qu'elle se perche pour dire le calme
d'avant l'aube, elle brasse encore les limons et les lumières, elle flatte de
son ironie intacte ce qui reste du chaos de la nuit. À son écho, les chats en
grappe fuient l'ombre portée des temples et des banques et se figent sous la
lune, en plein trottoir, aux aguets, cous tendus vers les branches que le vent
inquiète. Les feux rouges d'un taxi tracent et laissent leurs marques sur la
croix du carrefour.
La plupart des citadins sont en
panne de futur. On entend les rêves des uns cogner aux carreaux, l'insomnie des
autres gratter le plâtre des impasses.
Alors la voix reprend son fil,
soudain suivie de mille silhouettes rampant dans la paix armée du chômage vers
les usines en ruine. Le faubourg s'éveille enfin, si lentement, ou peut-être la
forêt qui fut là avant lui, et l'architecte s'agite sur son balcon au lointain
spectacle de la procession. Une toute petite fille le tire par la manche et lui
propose un verre de lait. Elle a enfilé sa robe de crêpon pour la fête foraine.
Elle a vu, la veille, les peintres sortir de leurs prisons pour parer les
manèges aux couleurs de l'évasion. Elle a vu la fanfare astiquer ses cuivres et
chacun préparer les maquillages. Elle voudrait, à son tour, courir sous la
neige.
La voix est maintenant bien loin de
la bouche qui pourrait boire le lait. L'architecte n'a plus que ses mains pour
déchirer les plans. Il voit la ville prendre la route sans lui. La toute petite
fille grimpe dans le taxi et fait un signe de la main. Avant que ne claque la
portière, l'auto-radio laisse entendre une version de Sea Song enregistrée aux temps d'avant les continents. Mais déjà,
là-bas, la fanfare s'échauffe et couvre de ses éclats le crissement des pneus.
Les chats ont déserté la scène. Pour qui, aujourd'hui encore, les
incandescences du soleil vont-elles brûler ? (Frédéric
Jésu)
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