REVUE CD

The Clarinet Trio - Ballads And Related Objects - 1 CD Leo Records
Gebhard Ullmann nous présente le troisième album de l'une de ses formations phare : The Clarinet Trio. Cet enregistrement, à la qualité acoustique exceptionnelle, voit l'apparition de Michael Thieke aux clarinettes qui a rejoint le trio depuis 2002.
Ce qui frappera certainement les fidèles auditeurs du Clarinet Trio, ce sont l'attention, l'exigence et la maîtrise compositionnelle qui transparaissent tout au long de cet album. Les titres évocateurs nous plongent directement dans un univers baigné par l'interaction et la communication entre les trois musiciens.
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Duo 505 - Late - 1 CD Morr music
La genèse du Duo 505 est simple : brancher deux MC505, et voir ce qui se passe. Les MC5, grooveboxes du fabriquant de synthétiseurs Roland intégrant banque de sons et séquenceur, se suffisent à elles-mêmes dans le cadre de la production de musiques électroniques. Aux manettes, on retrouve Bernard Fleischmann et Herbert Weixelbaum, deux jeunes viennois qui s'illustrent sur la scène allemande pop expérimentale actuelle. Aux manettes, on retrouve Bernard Fleischmann et Herbert Weixelbaum, deux jeunes viennois qui s'illustrent sur la scène allemande pop expérimentale actuelle.
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Fred Frith - Cheap at half the price - 1 CD ReR/Fro
Le chanteur interprète des textes ; le musicien joue des partitions ; le compositeur écrit la musique et les chansons. La réalité s'énonce ainsi dans un univers où tout doit être rangé à sa place, selon un ordre bien défini et régenté et où l'on ne saurait déroger à cette règle sous peine de quitter une normalité qui, bien qu'elle nous inhibe, nous protège et nous façonne.
"Déchiffrez plus vite cette partition, battez la mesure.", nous intimait-on jadis. Aujourd'hui, métronomes et autres instruments de torture prennent la poussière dans nos greniers.
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Sten Sandell/David Stackenas - Parker /Guy /Lytton - GUBBÔRA - 1 CD Emanem
Enregistré lors de Freedom in the city 2004, ce disque nous fait découvrir les pianistes et guitaristes suédois Sten Sandell et David Stackenas. Maître chacun d'une des deux pièces, ils s'invitent à une musique d'improvisation très calme, faisant preuve de disponibilité et d'ingéniosité. Jumelant un dispositif électronique à son piano, Sandell ouvre d'un souffle fin sur lequel viendront se superposer les notes parsemées du piano et de la guitare effleurée. Rarement improvisation est si posée, et chaque attaque prend un large sens, s'inscrit dans une narrativité sur le fil ténu du silence.
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Tilia - Vous rêvez/Vous ne rêvez pas - 1 CD Cronica
Le titre de l'album, Vous rêvez/Vous ne rêvez pas, prolonge admirablement l'état d'esprit dans lequel l'auditeur se trouve plongé pendant plus de trente minutes. Cette musique est à la fois captivante par sa force de séduction et inquiétante par le fait qu'elle efface toute certitude, tout point de repère vers lequel se rattacher. Alexander Peterhaensel, artiste munichois, transmet sur les trois plages audio de cet opus, son univers décalé. Les formidables loops qu'il offre au piano se conjuguent avec la voix envoûtante de Jo Morgan et les lignes de basse de Christian Schwenkmaier pour construire des climats propices à l'imagination.
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University of errors  - Jet propelled photographs - 1 CD Cuneiform
Selon Gaston Bachelard (regretté transfuge de ZZ Top), l'erreur est première et la vérité toujours une « erreur rectifiée ». Se pourrait-il que l'erreur soit, quant à elle, une « vérité rectifiée » ?
Il fut un siècle - le dernier - dont les années soixante se consacrèrent à poser à la planète ce genre de question et à mettre, à l'occasion, le feu aux artifices.
La réponse des institutions, un temps ébranlées, ne se fit pas attendre. Les marchands du temple du savoir reprirent pied.
Leurs universités massifièrent le projet de démêler le vrai du vrai.
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red05_next.gif Autres chroniques 2005

 

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Chroniques (archives 1997-2003)

 

CHRONIQUES 2005

Olivier Benoit/Jean-Luc Guionnet - &UN - 1 CD Vand'ouvre
Jean-Luc Cappozzo/Claude Tchamitchian - Le soufflé aux éclisses - 1 CD La nuit transfigurée 
The Clarinet Trio - Ballads And Related Objects - 1 CD Leo Records 
Crlustraude - s/t - 1 CD Yolk 
Duo 505 - Late - 1 CD Morr music 
Dominic Duval/Joe McPhee - Rules of Engagement - Vol. 2 - 1 CD Drimala Records 
Fred Frith - Cheap at half the price - 1 CD ReR/Fro 
Christoph Gallio - Mösiöblö "à Robert Filliou" - 1 CD PERCASO 
Groupe Emil - A fond dedans - 1 CD emil 13 
Phillip Johnston - Rub me the Wrong Way - 1 CD Innova 
Kainkwatett - s/t - Rant - Seumsund/Sundseum - 2 CDs Schraum 
The Jeff Kaiser Ockodektet - The Alchemical Mass - The Kaiser/Diaz-Infante Sextet - Suite Solutio - 1 CD pfMENTUM 
Klaxon Gueule - Chicken - 1 CD &records 
Charlie Mariano & Vitold Rek - Opus absolutum - 1 CD Taso 
Carol Mennie - I'm not a Something Thing - 1 CD CDM 
No Idea Festival - 1 CD Ten Pounds to the sound/Coincident Records & Spring Garden Music 
Octet de Jean-Pierre Jullian - Opus Incertum on C. - 1 CD Emouvance 
Organon - Klusterbuckstuckle - 1 CD SLAM 
J. Oswald/G. Katzer/S. Moore/L. Glandien/J. Krcek/R. Thythall - CMCD - 1 CD ReR 
Pandelis Karayorgis - Seventeen Pieces - 1 CD Leo Records 
Sten Sandell /David Stackenas - Parker /Guy /Lytton - GUBBÔRA - 1 CD Emanem
Andy Scherrer - Serenity A tribute to Joe Henderson - 1 CD Unit Records 
Harri Sjöström/Phil Washmann/Paul Rutherford/Teppo Hauta-aho/Paul Lovens : Quintet modern - Wellsprings - 1 CD Cadence jazz Records 
Martin Tétreault et Otomo Yoshihide - GRR - 1 CD Ambiances Magnétiques 
Tilia - Vous rêvez/Vous ne rêvez pas - 1 CD Cronica 
University of errors - Jet propelled photographs - 1 CD Cuneiform
Various Artists - Delivery Room - 1 CD LEAF 
Various Artists - Nova fait son cinéma - 1 CD Mk2 Music 
Vinz Vonlanthen - [Oil] - 1 CD Leo Records 
Robert Wyatt - Solar flares burn for you - 1 CD Cuneiform 

 

Olivier Benoit/Jean-Luc Guionnet
&UN

1 CD Vand'ouvre

Le guitariste Olivier Benoit et le saxophoniste Jean-Luc Guionnet nous proposent une série de pièces improvisées. Sept moments qui se déclinent, en fonction des échanges entre les deux musiciens, entre temps suspendu, tensions dans le jeu, silence en point d'orgue.
Le guitariste, qui parvient toujours à se glisser dans les projets les plus différents, et son complice de l'instant s'engagent dans un dialogue où l'écoute, l'attention au dit et au non-dit trouvent leurs lettres de noblesse. Affranchie des poncifs ennuyeux et par trop répétitifs, libérée des attendus ou des discours formatés, la musique s'écoule, sans discontinuer, dans un affleurement et une subtilité qui captivent l'auditeur et l'appellent à découvrir de nouvelles façons de dire, de ressentir, d'éprouver, d'écouter et surtout d'entendre. (sam)
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Jean-Luc Cappozzo/Claude Tchamitchian
Le soufflé aux éclisses

1 CD La nuit transfigurée

Marmitons et Marmitonnes, goûteurs de saveurs anciennes ou originales, adeptes de cuisine du terroir, férus de cuisine nouvelle, c'est à une autre façon d'appréhender la philosophie de la gastronomie que vous invitent les deux comparses Jean-Luc Cappozzo et Claude Tchatmichian.
Fi des réactionnaires excluant les créations nouvelles car trop éloignées des productions régionales, fi des personnages voulant, coûte que coûte, opposer deux cuisines (ne sont-elles pas infiniment plus variées ?) ou deux approches (mais peuvent-elles être plurielles dans leur essence et dans leur finalité ?). L'une et l'autre se complètent. L'héritage des anciens se transcende et évolue vers des terres nouvelles sans rien perdre de son propos initial : ravir les papilles, éveiller les sens, susciter le plaisir.
Le soufflé aux éclisses nous concocte une recette où la modernité, l'inventivité et les recherches perpétuelles trouvent leur place. L'heure est au regard vers l'avenir ; les idées rigides et tournées uniquement vers le passé s'estompent pour guider tout un chacun vers une philosophie exclusivement hédoniste. (sam)
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The Clarinet Trio
Ballads And Related Objects

1 CD Leo Records

Gebhard Ullmann nous présente le troisième album de l'une de ses formations phare : The Clarinet Trio. Cet enregistrement, à la qualité acoustique exceptionnelle, voit l'apparition de Michael Thieke aux clarinettes qui a rejoint le trio depuis 2002.
Ce qui frappera certainement les fidèles auditeurs du Clarinet Trio, ce sont l'attention, l'exigence et la maîtrise compositionnelle qui transparaissent tout au long de cet album. Les titres évocateurs nous plongent directement dans un univers baigné par l'interaction et la communication entre les trois musiciens. Plusieurs niveaux s'identifient, se croisent et se découvrent sans s'épuiser. C'est à une aventure ouverte à tous les possibles et à toutes les explorations que nous convie le trio.
Trilogues amusés, silences attendus, parcours sinueux, écriture profonde, complexe et d'une rare richesse harmonique : autant d'ingrédients pour construire un événement à la hauteur des envies musicales grandissantes et en évolution constante du saxophoniste allemand Gebhard Ullmann. (sam)
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Crlustraude
s/t

1 CD Yolk

Voilà l'une des bonnes surprises françaises de ce début d'année. Crlustraude, trio de trois trentenaires rodés aux diverses influences : rock, jazz et musiques alternatives, offre, avec ce premier album, une véritable vague de fraîcheur. Pascal Maupeu, guitare et banjo, Stéphane Decolly, basse électrique et Nicolas Larmignat à la batterie ont en commun cette envie de sortir des registres classiques, de puiser çà et là pour former ce qu'ils appellent eux-mêmes un véritable magma musical. Liberté de créer, de proposer aussi une musique qui s'inscrit dans son époque sans négliger pour autant les bases du passé. Crlustraude érige une musique alternative faite de chemins de traverses où le risque, présent, devient le moteur véritable de la création et où la tension du moment s'impose comme une énergie stimulante pour les trois auteurs. L'influence de Robert Wyatt n'est pas cachée, voir notamment la dernière plage Alifie Alifib, elle fait partie de ces sources nourricières permanentes, celles qui font croire aux possibles, celles qui donnent aussi l'envie d'aller voir ailleurs. Chaque pièce est bâtie comme une histoire, avec ses diverses péripéties, et offre une fresque sur la vie. A découvrir sans risque. (SéM)
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Duo 505
Late

1 CD Morr music

La genèse du Duo 505 est simple : brancher deux MC505, et voir ce qui se passe. Les MC5, grooveboxes du fabriquant de synthétiseurs Roland intégrant banque de sons et séquenceur, se suffisent à elles-mêmes dans le cadre de la production de musiques électroniques. Aux manettes, on retrouve Bernard Fleischmann et Herbert Weixelbaum, deux jeunes viennois qui s'illustrent sur la scène allemande pop expérimentale actuelle. Là où certains verront une limite de moyens instrumentaux, d'autres apprécieront justement une certaine unité sonore, une exploration poussée des ressources de la machine et le recentrage vers l'écriture - d'ailleurs, n'y a-t-il pas un adage anglo-saxon qui dit "les sis more" ?
Parfois proche de l'univers des jeux vidéo, les rythmiques technoïdes et les mélodies candides de Duo 505 savent aussi évoluer vers des registres plus étoffées, en se basant sur des thèmes récurrents, et ce notamment grâce au talent d'arrangeur de Bernard Fleischmann.
L'auditeur se laissera bercer tout au long de ce disque balisé par des repères rassurants. Jusqu'à ce qu'un grain de sable vienne faire grincer cette mécanique qui serait autrement trop bien huilée.
Au final, Late est une bonne introduction au monde protéiforme de la musique électronique actuelle, sa musique est sans prétention, empreinte d'une certaine nostalgie et surtout très attachante (ALB).
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Dominic Duval/Joe McPhee
Rules of Engagement - Vol. 2

1 CD Drimala Records

Le titre de l'album définit le projet poursuivi par le contrebassiste Dominic Duval et le saxophoniste Joe McPhee : proposer une musique reposant sur des principes intangibles, incontournables et fondateurs. "Ne pense pas, agis", clament les musiciens. Nul besoin de s'embarrasser de futilités ou de prêter attention à tout ce qui nous détourne de nos envies, de nos convictions et avant tout des autres.
La musique se construit à partir de nos expériences intimes, elle se nourrit des êtres aimés, de nos amis et de toutes les personnes qui nous sont essentielles. Tous participent à l'élaboration de ce projet commun dont les deux protagonistes nous en dévoilent ici un peu la quintessence. Pétrie des réussites ou des échecs, des attentes ou des désirs comblés, alimentée par l'amour des autres et pour les autres, la musique évolue, au gré des échanges entre les deux hommes, vitale et d'une beauté universelle. (sam)
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Fred Frith
Cheap at half the price

1 CD ReR/Fro

Le chanteur interprète des textes ; le musicien joue des partitions ; le compositeur écrit la musique et les chansons. La réalité s'énonce ainsi dans un univers où tout doit être rangé à sa place, selon un ordre bien défini et régenté et où l'on ne saurait déroger à cette règle sous peine de quitter une normalité qui, bien qu'elle nous inhibe, nous protège et nous façonne.
"Déchiffrez plus vite cette partition, battez la mesure.", nous intimait-on jadis. Aujourd'hui, métronomes et autres instruments de torture prennent la poussière dans nos greniers. Qu'advient-il lorsque l'envie prend un instrumentiste - en l'occurrence ici un guitariste - de s'abstenir de respecter la répartition des rôles tels qu'ils ont été impartis ? Cheap at half the price répond à cette interrogation.
Guitare, violon, xylophone et autres instruments se mêlent au chant de Fred Frith pour laisser transparaître des chansons inattendues et peu conformes aux registres trop connus et entendus par ailleurs. La voix de Fred Frith oscille entre performances à la qualité inextinguible et perversions des conventions les mieux établies.
D'aucuns trouveront certainement le propos hasardeux et resteront perplexes devant cette tentative de déconstruction et d'invention de nouvelles facettes de jeu. Pourtant, loin de ce simple chaos annoncé, c'est la liberté de création de l'artiste qui est ici célébrée. Point d'adage à revendiquer ou à pérenniser, la musique s'invente de nouvelles maximes prônant des vertus d'émancipation et d'expérimentation. Entre passion paroxysmique et propos engagés, l'album trouve sa voie, évolue et parvient, somme toute, à réinventer un tout différent, fort des préjugés, des carcans et des caricatures abolis, a minima pour un temps, dans l'absolu pour un lointain avenir (sam).
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Christoph Gallio
Mösiöblö "à Robert Filliou"

1 CD PERCASO

Cet album nous guide sur les traces de Robert Filliou. La musique se veut hommage à l'homme et à son ouvre tout en ménageant des espaces de déconstruction et de recomposition. Un nouveau tout surgit ainsi d'éléments puisés çà et là dans les textes de Robert Filliou.
La musique suit pas à pas l'homme, conquiert sa philosophie généreuse et ses principes intangibles invitant à recouvrer l'innocence des premiers instants. Les artistes se retrouvent dès lors au cour de la création laissant libre cours aux envies et sensibilités inhérentes à chacun d'entre eux, celles qui les ont fondés avant toute corruption ou transgression, celles qui dévoilent un langage simple et sans artifices.
C'est la joie de vivre, la plénitude, la saveur des jours qui s'écoulent, le regard pour les autres ou encore l'intérêt pour les passions à partager ensemble qui a défini Robert Filliou.
Au travers de ces quelques notes, Christoph Gallio s'empare de ce projet de vie pour l'illustrer tout en lui laissant des interstices propres à découvrir d'autres possibles. (sam)
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Groupe Emil
A fond dedans

1 CD emil 13

Créée en 2001 au sein de l'association emil 13, cette grande formation, basée en Lorraine, réunit des musiciens aux parcours variés mais qui possèdent tous, en trame de fond, ce désir de proposer une musique inventive, improvisée et dépassant les particularités pour trouver un socle commun propice aux expérimentations les plus inattendues.
Les musiciens se livrent à un jeu où les barrières sonores n'ont plus lieu d'être ; seule l'envie de bousculer les évidences et les habitudes par trop stériles ou soporifiques transparaît tout au long de l'écoute de cet album.
Le groupe Emil s'est ouvert depuis peu au trompettiste Jean-Luc Cappozzo de l'Arfi. Cette expérience riche pousse encore plus la formation à aller vers des univers encore inexplorés. Les compositions originales n'en finiront pas de séduire les auditeurs. Toutefois, la surprise et l'intensité émotionnelle n'en seront que plus grandes en les découvrant sur scène : le lieu où leur expression se fait la plus authentique et goûteuse. (sam)
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Phillip Johnston
Rub me the Wrong Way

1 CD Innova

Le musicien new-yorkais Phillip Johnston affectionne le partage de sa musique avec les autres formes d'expression artistique. Il a notamment, au cours des années 1990-2000, travaillé sur des films muets dont le Faust de Murnau pour lequel il s'est investi entièrement. Il nous propose avec Rub me the Wrong Way, un autre aspect de cette approche pluridisciplinaire. Phillip a rencontré la chorégraphe Keely Garfield dans les années 90. Un premier travail commun est né autour de la pièce The Adventures of Slap & Tickle. D'autres projets suivront. Philipp nous propose, sur cet opus, des morceaux présentés au public entre 1998 et 2000. Minor Repairs Necessary est une descente dans l'univers festif des années 20, une musique légère et stimulante jouée avec créativité. Rub me the Wrong Way, préserve la côté enjoué de la première pièce avec l'ajout de l'accordéon de Will Holshouser, une véritable découverte.
Rares sont les musiciens qui arrivent, tel Philipp Jonhston, à s'effacer pour mieux servir le projet global tout en proposant, par touches successives, des ouvertures audacieuses. Chapeau ! (SéM)
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Kainkwatett
s/t

Rant
Seumsund/Sundseum

2 CDs Schraum

La production discographique actuelle nous démontre tous les jours la nécessité pour l'auditeur d'être attentif et curieux. Elle demande aussi, bien souvent, de vivre sans a priori. Difficile de tout voir, de tout écouter, de prendre des risques. Les musiciens créatifs qui ont de plus en plus de mal à se faire produire, éditent eux-mêmes leur musique d'où des dizaines, des centaines de références nouvelles tous les mois. D'un côté on perçoit la fragilité du milieu alternatif, de l'autre on mesure aussi sa richesse, son audace et sa diversité. Libre d'éditer leur musique, les artistes ne se privent pas pour se livrer entièrement, pour ouvrir encore plus grand les portes de leur univers.
Schraum est un nouveau label berlinois de musique contemporaine improvisée et écrite. A l'origine de ce projet, trois musiciens Merle Ehlers, Axel Haller et Torsten Papenheim. Deux références ont été éditées à ce jour. La première par la formation Kainkwatett (Axel Haller, Torsten Papenheim et le saxophoniste suisse Antoine Chessex) présente une session d'improvisation libre autour de sept pièces ; la seconde par le duo Rant (Merle Ehmers et Torsten Papenheim) mêle improvisation et écriture avec pour repère avoué l'esprit de la pop music. Deux albums essentiels que l'on se doit de découvrir. (SéM)
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The Jeff Kaiser Ockodektet
The Alchemical Mass

The Kaiser/Diaz-Infante Sextet
Suite Solutio

1 CD pfMENTUM

La curiosité intellectuelle du trompettiste américain Jeff Kaiser se retrouve bien souvent illustrée dans sa musique. The Alchemical Mass ne déroge pas à la règle. L'alchimie, science mystérieuse s'il en est, controversée, mystique, possède assez d'arguments stimulateurs pour que le musicien/compositeur s'en serve comme base dans son nouvel album. Pour mener à bien ce projet Jeff s'entoure de musiciens rodés : Vinny Golia, Eric Barber, Ernesto Diaz-Infante et bien d'autres encore. Il arrive notamment à donner une profondeur, un large espace d'expression grâce à la juxtaposition d'un percussionniste particulièrement inventif (Bad Dutz) et d'un batteur rigoureux (Richie West). En enregistrant dans une église cette suite avec un cour de 17 voix dirigé par le Dr Wyant Morton, Jeff plonge l'auditeur dans un climat trouble où la suggestion l'emporte bien souvent sur la démonstration. On s'approche parfois de l'ambiance sombre du grand classique de John Carpenter Prince des Ténèbres. La seconde suite, Suite Solutio, due au sextet de Jeff Kaiser et du guitariste Ernesto Diaz-Infante est une variation à partir de la formation large du trompettiste. On retrouve autour des deux créateurs la rythmique Bad Dutz/Richie West à laquelle s'adjoint le bassiste Jim Connolly, ainsi que le tromboniste Scot Ray. Cette pièce jouée dans un esprit plus free peut aussi, grâce à sa structure, être considérée comme une suite à The Alchemical Piece. L'une des meilleures musiques californiennes du moment ! (SéM)
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Klaxon Gueule
Chicken

1 CD &records

Sorti sur &records, nouvelle étiquette du batteur-bricoleur Michel F. Côté, Chicken est le quatrième album du trio Klaxon Gueule. Voué à une musique résolument électrique, le groupe explore les viscères de la fée électricité au corps de la musique rock. Les instruments sont exploités avec ingéniosité, basse et guitare deviennent des micros à cordes confrontés à des manipulations diverses, faisant se côtoyer l'organique, le numérique et l'électrique. Chicken se situe dans la poursuite du précédent album par ses sonorités électroniques, mais présente des constructions plus lisibles et de nouveaux éléments, dont le travail sur les voix filtrées. On retrouve volontiers le son de la guitare qui s'était quelque peu dissipé dans les volutes numériques de Grains. Travaillant une sorte de rock microscopique, Côté prétend vouloir faire avec ce groupe un projet de plus en plus pop. Étonnant pour une musique si minimaliste et peu prétentieuse. Quoi qu'il en soit, le trio est en période d'activités et c'est réjouissant ; autant pour ce disque un peu statique aux sonorités très riches que pour une performance de rock débridée, car ce groupe nous surprend à chaque apparition. (EN)
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Charlie Mariano & Vitold Rek
Opus absolutum

1 CD Taso

La rencontre entre le saxophoniste américain Charlie Mariano et le contrebassiste polonais Vitold Rek remonte au début des années 2000. Les deux musiciens sont alors réunis par le pianiste Karl Berger qui veut développer un nouveau trio. L'entente entre les deux hommes s'avère tout de suite fructueuse en terme de jeu. Le contrebassiste invite quelque temps plus tard son aîné pour un projet remarqué (The Polish Folk Explosion) mêlant musique folklorique du sud de la Pologne et approche contemporaine par l'apport de quatre instrumentistes rodés dont Charlie Mariano (Albert Mangelsdorff, John Tchicai et Gilbert Matthews).
Opus absolutum représente la suite de la collaboration entre les deux hommes. La musique jouée, empreinte de romantisme, est traitée de manière moderne avec un espace libre laissé aux musiciens lors de solos qui permettent de donner de l'expressivité à chaque pièce. Arietta misterioso, laisse planer une atmosphère étrange et énigmatique, hey you laisse la place à des solos collectifs libres. Cette musique qui puise son inspiration aussi bien dans le folklore polonais que dans la composition contemporaine se savoure sans modération (SéM).
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Carol Mennie
I'm not a Something Thing

1 CD CDM

Carol Mennie publie avec I'm not a Something Thing, son premier album en leader. On ressent dès le premier titre de l'album, Jazz, Jazz, Jazz, tout le travail effectué par Carol sur les scènes off de Broadway et les cabarets new-yorkais et notamment son sens du dialogue et la passion qu'elle renvoie sur les textes, écrits pour partie par son partenaire Dom Minasi. Parmi les musiciens, Michael Jefry Stevens au piano et claviers, Tomas Ulrich au violoncelle, Ken Filiano à la basse et Jay Rosen à la batterie démontrent ici qu'ils sont capables de jouer dans des structures moins libres pour offrir toute l'intensité et la créativité à leur jeu. L'album dégage des atmosphères très variées alternant ballades, bossa nova, standards revisités avec, à chaque fois, une approche très personnelle qui dénote une réelle envie de se démarquer et d'offrir quelque chose de personnel. He was Too Good for me, interprété en duo avec Dom Minasi à la guitare reste longtemps en tête, une sensibilité se dégage de toutes les pièces, une sincérité que l'on ne retrouve pas forcément ailleurs. On oublie même qu'il s'agit d'un premier album et on attend déjà une suite à cet opus. A suivre. (SéM)
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No Idea Festival
1 CD Ten Pounds to the sound/Coincident Records & Spring Garden Music

La musique improvisée aux Etats-Unis se développe aujourd'hui essentiellement autour de trois pôles fédérateurs : Au nord dans la zone des Grands lacs (Détroit, Chicago), à l'est à New York et à l'ouest en Californie. Aussi sommes-nous particulièrement curieux de découvrir ce double album enregistré pour le No Idea Festival d'Austin et d'Houston. Le Texas, plus connu pour son traditionalisme et ses idées conservatrices, renferme pourtant un riche vivier d'interprètes aventureux.
Le principe de ce festival est simple : réunir pendant quatre jours des musiciens improvisateurs qui vont, en après-midi et soirées, jouer ensemble, se découvrir autour de formations allant du duo au quintet. Cette deuxième édition réunit 23 artistes venus des deux cités texanes auxquels se joignent des musiciens extérieurs en provenance de Boston, San Diego, San Francisco, Philadelphie, Portland et Berlin. L'idée de confronter plusieurs communautés artistiques, plusieurs façons d'envisager et de concevoir la création et le fait de ne pas vouloir imposer son point de vue mais partager son expérience et son histoire, sont autant d'atouts et de leitmotivs pour cette musique éphémère qui se nourrit de la passion de ses interprètes. La liberté totale donnée aux musiciens - rappelons que le projet est soutenu notamment par le saxophoniste Jack Wright et le percussionniste Chris Cogburn, deux des figures indépendantes les plus actives de la scène américaine - et l'effort conjoint de trois labels réunis pour assurer la diffusion de cette musique font de ce projet, plus qu'une réussite, un modèle d'inspiration. (SéM)
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Octet de Jean-Pierre Jullian
Opus Incertum on C.

1 CD Emouvance

Jean-Pierre Jullian, au travers de ce nouvel album, nous livre un superbe travail de composition. Ecrite en deux mouvements, cette pièce nous plonge dans l'univers particulier et passionnant des courses camarguaises. "On C." fait référence tout à la fois à Carmen et au raseteur Christian Chomel. Dès lors le projet s'inscrit dans cette atmosphère spécifique à chacun de ces événements.
Dans le premier mouvement, les musiciens se li-vrent à un jeu empreint de poésie et de connotations épousant les impressions qui précèdent les courses. Il souligne à merveille la beauté des lieux et la tension qui anime, à ce moment précis, les différents acteurs.
Le second mouvement laisse place au spectacle et à son déroulement. Il relate la rencontre entre le raseteur et l'animal : un moment étrange et des sensations difficiles à exprimer ou à conter. Le phrasé se fait, dès cet instant, plus exubérant et plus impliqué dans l'histoire vécue entre les deux protagonistes. L'arène s'éveille et s'ouvre au dialogue proposé sous ses yeux.
Cette pièce, d'une rare qualité au niveau de l'écriture, réconciliera avec les musiques créatives tous ceux qui s'en étaient un peu détournés par manque de projets à embrasser. (OR)
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Organon
Klusterbuckstuckle

1 CD SLAM

Les productions Slam nous proposent un nouvel opus de musique improvisée. Le quintet Organon se décline autour de musiciens issus de la scène londonienne qui possèdent tous un parcours riche en expériences et rencontres propres à les ouvrir à un jeu exigeant et inventif. Le saxophoniste Elton Dean, que l'on connaissait, par exemple, pour ses travaux au sein de la formation Soft Machine, le trompettiste Jim Dvorak, le contrebassiste John Edwards, le guitariste Tim Crowther et le batteur Jim Lebaigue nous livrent quatre improvisations mêlant à la fois jazz, rock et différentes influences pour un jeu qui conserve toutefois une grande cohérence et cohésion.
La musique instantanée fourmille de sonorités recherchées et soutenues. Le propos se fait complexe tout en restant accessible à l'auditeur pourvu qu'il accepte de s'aventurer dans leur jeu de piste dont la seule issue s'avère être le plaisir de partager quelques moments, certes, éphémères mais prégnants. (sam)
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J. Oswald/G. Katzer/S. Moore/L. Glandien/J. Krcek/R. Thythall
CMCD

1 CD ReR

Le label ReR nous présente six travaux de musique concrète et électroacoustique réalisés entre 1970 et 1990 par les musiciens les plus représentatifs de cette mouvance.
La première pièce intitulée Parade est un arrangement de l'ouvre d'Erik Satie écrite pour un ballet en 1917. La reprise et la réorchestration opérées par John Oswald en 1986, nous transportent dans un univers baigné par la féerie, le discours hypnotisant ou encore la profondeur et la richesse compositionnelles. Les collages sonores sont tout à la fois inconcevables et parties intégrantes d'un projet à la magie obnubilante.
On soulignera également l'intensité de la pièce  Aide Mémoire, une composition pour ne pas oublier, des juxtapositions sonores d'enregistrements réalisés entre 1933 et 1945. Nul désir d'expliquer ce qui ne peut l'être mais un besoin de la part du musicien Katzer de se souvenir ; une tentative obsessionnelle d'extirper tout le tragique de cette période de l'histoire allemande.
Enfin, Omaggio a Jerry Lee Lewis, composé en 1975 par Richard Thythall, s'approprie la performance  Whole Lotta Shakin' Goin' on pour la revisiter et la mixer en réalisant une nouvelle pièce très surprenante et enthousiasmante.
Cet album nous révèle, somme toute, des moments devenus incontournables dans l'histoire de la musique concrète. (sam)
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Pandelis Karayorgis
Seventeen Pieces

1 CD Leo Records

Pour le pianiste grec Pandelis Karayorgis, cet album solo est le premier du genre. Exigeant, il garde à l'esprit un grand sens harmonique hérité de son travail sur les standards. Le musicien a joué par le passé les thèmes présentés sur cet opus en groupe avec notamment Randy Peterson, Mat Maneri, Joe Maneri, Ken Vandermark, Tony Malaby, Michael Formanek. Le travail présenté sur Seventeen Pieces laisse la possibilité au musicien grec d'explorer de nouvelles facettes, de repousser encore plus les limites de sa propre création. L'expérience est donc enrichissante à plus d'un titre. La ré-interprétation de Baby de Lennie Tristano, jouée ici sur un tempo lent - qui contraste avec la version originale - démontre tout le talent et l'audace de ce musicien qui n'hésite pas à partager sa passion pour les standards tout en proposant une approche moderne et personnelle. Thelonious Monk, Duke Ellington, Eric Dolphy sont déclinés ici ; le pianiste offre aussi une palette de thèmes personnels qui révèlent son sens de la composition. Une découverte (JP).
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Sten Sandell /David Stackenas - Parker /Guy /Lytton
GUBBÔRA

1 CD Emanem

Enregistré lors de Freedom in the city 2004, ce disque nous fait découvrir les pianistes et guitaristes suédois Sten Sandell et David Stackenas. Maître chacun d'une des deux pièces, ils s'invitent à une musique d'improvisation très calme, faisant preuve de disponibilité et d'ingéniosité. Jumelant un dispositif électronique à son piano, Sandell ouvre d'un souffle fin sur lequel viendront se superposer les notes parsemées du piano et de la guitare effleurée. Rarement improvisation est si posée, et chaque attaque prend un large sens, s'inscrit dans une narrativité sur le fil ténu du silence. Puis une explosion. La pièce menée par Stackenas, plus saccadée mais avec autant de retenue, présente le négatif de la langueur des résonances, remplacées par une découpe frénétique du temps que le piano revient clore en finesse.
Le disque se termine par une improvisation de plus de trente minutes en quintet ; le célèbre trio Evan Parker, Barry Guy et Paul Lytton, se joignant à eux. Évidemment plus mouvementée que les pièces en duo, cette dernière improvisation fait montre du talent des cinq musiciens. Remarquable par la progression des dynamiques. (EN)
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Andy Scherrer
Serenity A tribute to Joe Henderson

1 CD Unit Records

Le label Suisse Unit Records offre régulièrement un large panorama de la scène créative contemporaine. Le saxophoniste Andy Scherrer fait partie de ces artistes qui vouent une dévotion sans limites pour la musique exigeante et pour les grandes figures qui ont ouvré pour son développement. Il n'est donc pas surprenant de le voir s'intéresser à la musique de Joe Henderson. Le musicien américain, décédé en 2001, a marqué de son empreinte le XXème siècle en signant notamment sur Blue Note un premier album étincelant (Page One), prémisses d'une riche carrière qui l'a conduit à côtoyer Richard Davis, Horace Silver, Herbie Hancock, Elvin Jones et bien d'autres encore. Pour cet hommage au saxophoniste américain, Andy a choisi de s'appuyer sur trois périodes essentielles en commençant par les années Blue Note (A Shade of Jade), la période Milestone (If you're not part of the solution, you're part of the problem) et enfin les années Verve au cours desquelles Joe publie l'un de ses meilleurs albums Lush Life, The Music of Billy Strayhorn.
Serenity d'Andy Scherrer renferme beaucoup d'émotions, de respect et d'espérance, des notions que l'on ne trouve pas forcément ailleurs. En cela il est remarquable. (SéM)
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Harri Sjöström/Phil Washmann/Paul Rutherford/Teppo Hauta-aho/Paul Lovens : Quintet modern
Wellsprings

1 CD Cadence jazz Records

Le groupe était parfait. Les musiciens de très haut calibre. Si le trio des Rutherford, Washmann et Lovens est plus familier à l'amateur de la scène anglaise d'improvisation, les deux autres figures ne sont pas moins notoires. Élève de Steve Lacy, le saxophoniste Sjöströrm a un parcours impressionnant axé sur l'improvisation ; il a notamment côtoyé Derek Bailey et Cecil Taylor. Le bassiste Hauta-aho, quant à lui, possède un bagage éclectique en musique contemporaine, improvisée et en théâtre pour les enfants.  
Sur trois improvisations, le quintet propose des performances à couper le souffle. La musique est d'une grande richesse dynamique et timbrale.  Un momentum se crée entre les cinq musiciens ; on s'échange le chant, on se répond avec beaucoup d'aisance.
Une superbe incursion pour Cadence dans les musiques free plus promptement associées à la scène anglaise. (EN)
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Martin Tétreault et Otomo Yoshihide
GRR

1 CD Ambiances Magnétiques

Attention, cours sensibles, on a ici affaire à un produit dangereux d'improvisation électrisantes par deux agiles manipulateurs de tables-tournantes : le japonais Otomo Yoshihide, fondateur de Ground Zero, et le québécois Martin Tétreault.   
Suite au succès de leur coffret Studio/Analogique/Numérique, le duo de platiniste le plus déjanté de la planète entame avec GRR le premier volet de la documentation d'une tournée qui les a fait traverser plusieurs pays. Ce sont donc trois disques "live" du duo qui sortiront cette année ; GGR en est le versant agressif : noise, larsens, pas de silence ; un voyage dans les tripes de la mécanique. C'est ce que l'on retrouve sur l'album ; beaucoup de bruit, de sons continus et discordants. Utilisant principalement la mécanique des tables et très peu de disques, les deux platinistes dressent une musique faite de frottements, de moteurs et de feedbacks, qui s'approche parfois du scratch par sa frénésie gestuelle, mais qui s'attarde surtout à explorer avec bonheur les possibilités créatives d'appareil reproducteurs. Cette recherche ne se faisant pas sans douleur, comptons-nous chanceux que nos deux amis sachent varier les effets dans cette jungle de sons électriques.
Les deux prochains disques, Tok et Ahh, documenteront d'autres aspects de leur création commune. (EN)
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Tilia
Vous rêvez/Vous ne rêvez pas

1 CD Cronica

Le titre de l'album, Vous rêvez/Vous ne rêvez pas, prolonge admirablement l'état d'esprit dans lequel l'auditeur se trouve plongé pendant plus de trente minutes. Cette musique est à la fois captivante par sa force de séduction et inquiétante par le fait qu'elle efface toute certitude, tout point de repère vers lequel se rattacher. Alexander Peterhaensel, artiste munichois, transmet sur les trois plages audio de cet opus, son univers décalé. Les formidables loops qu'il offre au piano se conjuguent avec la voix envoûtante de Jo Morgan et les lignes de basse de Christian Schwenkmaier pour construire des climats propices à l'imagination. On garde de ces plages le mystère d'un Luis Bunuel ou la quête d'absolu d'un Théo Angelopoulos. En se dévoilant sans arrière pensée, le musicien allemand prouve que la création contemporaine peut être plurielle, qu'elle peut aussi respecter ses aînés sans tomber dans un mainstream réducteur. Vous rêvez/Vous ne rêvez pas, certitudes ou incertitudes ? A l'auditeur d'en juger ! (SéM)
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University of Errors
Jet propelled photographs
1 CD Cuneiform

Selon Gaston Bachelard (regretté transfuge de ZZ Top), l'erreur est première et la vérité toujours une « erreur rectifiée ». Se pourrait-il que l'erreur soit, quant à elle, une « vérité rectifiée » ?
Il fut un siècle - le dernier - dont les années soixante se consacrèrent à poser à la planète ce genre de question et à mettre, à l'occasion, le feu aux artifices.
La réponse des institutions, un temps ébranlées, ne se fit pas attendre. Les marchands du temple du savoir reprirent pied. Leurs universités massifièrent le projet de démêler le vrai du vrai. Ils le figèrent sous forme de diplômes - délivrés à la chaîne - à d'ébahis détenteurs - enchaînés à leurs livres - dont l'armée ainsi gonflée se vit bientôt garantie, au choix, les promesses du chômage de masse ou celles du travail posté sous le contrôle de petits chefs férus de productivité.
À la même époque, un énergumène australo-britannico-franco-américain, crocheteur diversement patenté (et prétendument repenti) des portes de la perception, et identifié par Interpol sous le nom de Daevid Allen, consacrait une longue thèse d'État de tous les états au thème controversé : « Is Gong still a Soft Machine ? ». Pour mieux sonder l'air du temps et en restituer les échos sans limite de décibels, il avait dispersé ses laboratoires en divers lieux - péniche, enclos de chèvres, friches urbaines, coffres de taxis - à même d'assurer une rigueur méthodologique optimale à ses investigations. Ses travaux de recherche donnèrent lieu, en France, à des publications intermédiaires et résolument alimentaires (on se souvient notamment de « Je ne fume pas des bananes » et de « Camembert électrique ») qui firent longtemps frétiller les neurones et les oreilles de ceux qui en prirent alors connaissance.
Reçu docteur
honoris causa le 26 septembre 1998, à l'âge de 60 ans, le dénommé Daevid Allen fonda dans la nuit qui suivit, à l'occasion d'une jam session tenue guitare battante à San Francisco, la très attendue « Université des erreurs » dont il devint derechef le recteur. À l'évidence, ce nouveau mandarin était presque aussi givré que les carreaux auxquels s'apprêtait à cogner le nouveau millénaire annoncé ; mais celui-ci se voyait ainsi doté d'une institution à même, pour relever les enjeux de l'époque, de démêler enfin le faux du faux.
Six ans et quatre CD plus tard, l'Université des erreurs affirme le dynamisme de ses recherches sur les sources des troubles de toutes sortes qui ont affecté les consciences du millénaire sortant, et même du précédent. « 
Les mêmes objets paraissent brisés ou droits, selon qu'on les regarde dans l'eau ou hors de l'eau, concaves ou convexes selon une autre illusion visuelle produite par les couleurs, et il est évident que cela jette le trouble dans notre âme », notait déjà Platon dans République (X, 602 c-d). Treize « démos » de 1967 de Soft Machine - dont Allen fut l'un des fondateurs - ont été retravaillées en 2004 par une Université inspirée et survoltée qui en a fait la matière d'un CD ébouriffant. Elles sont autant de « photographies à réaction » d'objets que le temps n'a pas « brisés », mais qui n'en paraissent pas très « droits » pour autant. À recommander d'urgence aux amateurs de troubles de l'âme, en attendant le prochain millénaire. (Frédéric Jésu)
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Various Artists
Delivery Room

1 CD LEAF

A l'occasion de son dixième anniversaire, le label LEAF nous propose un patchwork regroupant ses dernières signatures ainsi que les dernières créations de ses artistes phare. La vocation première de l'entité LEAF (les musiques électroniques et leurs décalages) fait peu à peu place à une recherche d'équilibre entre l'instrumentation acoustique et le champ des possibles en matière d'électronique et d'informatique musicale.
Delivery Room consacre ainsi une certaine intellectualisation du label, avec çà et là des micros pièces acoustiques qui lorgnent du côté de l'héritage des musiques traditionnelles. On retrouve donc Manitoba, toujours aussi à l'aise dans le registre de la pop music expérimentale et de l'autodérision, Asa-Chan & Junray, maître percussionniste nippon et expert en tablas, qui, en dehors de son travail académique produit une musique inclassable. Son Parlor, pur coup de folie, doit autant à la corrida qu'aux rythmiques 8 bit Casio.
On appréciera également le mexicain Murcof qui nous offre outre Memoria, anecdotiquement remixé par Sutekh, le splendide et inédit Una, qui taille des horizons sonores immenses avec un sens de l'attente et du tragique typiquement latin. Murcof, c'est l'amalgame de cordes classiques découpées et empilées sur des rythmiques déconstruites auxquelles s'ajoutent différents bruits et claquements, le résultat est saisissant, presque envoûtant (le prochain album - au format DVD  se fait attendre. et devrait être enregistré avec un véritable orchestre). Du côté des nouveautés, le piano solo de Rob Ellis compose des pièces minimalistes proches de l'univers d'Erik Satie alors que Bill Wells, Stefan Schneider & Annie Whitehead, qui par ailleurs accompagnent des artistes tels que Paul Weller ou Elvis Costello, se sont réunis autour de thèmes d'improvisations délicats à base de cuivres. On pourra aussi se laisser bercer par la répétitive Ritournelle en trois temps de la française Colleen ou par les mélopées beatlesiennes de Clue To Kalo.
L'éclectisme est donc de rigueur sur cette compilation et l'on ne peut souhaiter que longue vie à LEAF dont le mérite premier est de faire sortir de l'ombre des artistes aux talents multiples. (A. LB)
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Various Artists
Nova fait son cinéma

1 CD Mk2 Music

En ces temps de conformisme audiovisuel, il est certains sanctuaires qui subsistent. L'émission Nova fait son cinéma, en est un. Depuis maintenant dix ans, nos dimanches matins sont bercés par ce programme unique, puisque entièrement consacré aux musiques du 8ème art.
Si ce disque anniversaire fait appel aux plus grands musiciens du cinéma, c'est d'une manière tout à fait originale ; ici, point de James Bond Theme ni d'Armonica, mais plutôt des morceaux choisis avec le sens du détail et de l'érudition que l'on connaît à Nicolas Saada. La sélection rassemble des titres de facture assez classique et se concentre sur la riche période des années 60-70. Mentions spéciales du jury à l'onirique et inquiétant O' Venezia, Venaga, Venusia, de Nino Rota, qui ouvre le bal sur un air que l'on devine comme un coup de foudre, au fulgurant Main Theme Assault, qui donne à John Carpenter, oui celui-là (!), l'occasion d'inventer le son électro des années 80 et 90, à la fraîcheur planante de Necromania, interprété par les jazzmen allemands Manfred Hübler et Siegfried Schwab qui se cachent derrière l'hypothétique The Vampire Sound Incorporation, à l'incroyable montée d'adrénaline du grand Lalo Shifrin avec Shifting Gears, extrait du film Bullit, et au méconnu Alex North, qui fera couler bien des larmes avec son Spartacus Theme...
Nova fait son cinéma est en soi la bande originale idéale, puisque les morceaux brossent un éventail émotionnel hors du commun, alternant les cycles de joie et de tristesse, de suspense et d'apaisement, comme dans un bon film. Les compositeurs s'évertuent à approcher les styles classiques (Bernard Herman, le musicien attitré d'Hitchcock), jazz (Ennio Morricone, là où ne l'attendait pas) ou pop (Vladimir Cosma), avec cette liberté de création propre au genre. (A. LB)
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Vinz Vonlanthen
[Oil]

1 CD Leo Records

Cordes grattées, caressées, tirées, triturées. Jeu de mains, jeu d'archet, la guitare de Vinz Vonlanthen découvre et laisse entrevoir le génie explorateur de son interprète. Préparée, elle décline ses sons étranges et singuliers qui captivent l'auditeur.
Vinz Vonlanthen ouvre son univers sonore à qui accepte de perdre ses repaires rassurants, à qui accepte aussi ce long voyage initiatique. [Oil] donne à entendre, plus que cela il stimule l'imagination, aiguise les sens. Bricoleur dans l'âme Vinz ne perd pas pour autant le sens de la mélodie, il construit ses phrases, parfois âpres ou sensuelles avec l'idée de l'éphémère. Le solo dévoile ici sa vérité et laisse le musicien dans l'obligation de se livrer. Vinz relève ce défi. Son goût du risque et de l'intensité du moment, sa recherche permanente de nouvelles formes d'expression font du guitariste un artiste au sens noble du terme, qui sait s'effacer pour mieux servir la musique. (JP)
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Robert Wyatt
Solar flares burn for you

1 CD Cuneiform

Une voix d'archet se glisse sous le bois du piano. Elle monte l'escalier des touches et vient toucher la corde sous le cour de l'architecte. De si haut qu'elle se perche pour dire le calme d'avant l'aube, elle brasse encore les limons et les lumières, elle flatte de son ironie intacte ce qui reste du chaos de la nuit. À son écho, les chats en grappe fuient l'ombre portée des temples et des banques et se figent sous la lune, en plein trottoir, aux aguets, cous tendus vers les branches que le vent inquiète. Les feux rouges d'un taxi tracent et laissent leurs marques sur la croix du carrefour.
La plupart des citadins sont en panne de futur. On entend les rêves des uns cogner aux carreaux, l'insomnie des autres gratter le plâtre des impasses.
Alors la voix reprend son fil, soudain suivie de mille silhouettes rampant dans la paix armée du chômage vers les usines en ruine. Le faubourg s'éveille enfin, si lentement, ou peut-être la forêt qui fut là avant lui, et l'architecte s'agite sur son balcon au lointain spectacle de la procession. Une toute petite fille le tire par la manche et lui propose un verre de lait. Elle a enfilé sa robe de crêpon pour la fête foraine. Elle a vu, la veille, les peintres sortir de leurs prisons pour parer les manèges aux couleurs de l'évasion. Elle a vu la fanfare astiquer ses cuivres et chacun préparer les maquillages. Elle voudrait, à son tour, courir sous la neige.
La voix est maintenant bien loin de la bouche qui pourrait boire le lait. L'architecte n'a plus que ses mains pour déchirer les plans. Il voit la ville prendre la route sans lui. La toute petite fille grimpe dans le taxi et fait un signe de la main. Avant que ne claque la portière, l'auto-radio laisse entendre une version de
Sea Song enregistrée aux temps d'avant les continents. Mais déjà, là-bas, la fanfare s'échauffe et couvre de ses éclats le crissement des pneus. Les chats ont déserté la scène. Pour qui, aujourd'hui encore, les incandescences du soleil vont-elles brûler ? (Frédéric Jésu)
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